Charles BARETSolange BAUDOUXGeorges BERNARD

Charles BARET (1861 – 1934)
Organisateur de tournées théâtrales et directeur du théâtre d’Évreux

Dès qu’il a connaissance de la reconstruction du théâtre d’Évreux, l’imprésario parisien Charles Baret, ancien acteur comique devenu directeur de tournées, propose sa candidature. Dans une lettre très motivée du 22 mars 1901, il énumère ses titres et s’engage à faire jouer à Évreux les pièces dès leur création à Paris. Ayant largement anticipé sur la date d’ouverture, il n’est officiellement nommé par le Conseil Municipal que le 28 avril 1903.

Pour le spectacle d’inauguration prévu le 9 juin, il propose trois soirées. Après des tergiversations municipales, le choix se porte finalement sur « Les Romanesques », pièce d’Edmond Rostand, jouée par des sociétaires de la Comédie-Française : ce sera un succès !

Charles Baret
Documents promotionnels de Charles Baret, 1908-1910

Charles Baret assure la direction du théâtre d’Évreux de 1903 à 1929. Auteur d’ouvrages sur la vie théâtrale, il oeuvre constamment au développement de « son » théâtre : travaux afin d’améliorer la qualité de l’accueil, le confort du public et des comédiens ; création d’un système d’abonnement destiné fidéliser le public, installation du cinématographe, etc. Ayant très tôt saisi l’importance de la communication, il fait appel à des dessinateurs célèbres pour la réalisation de ses programmes. Et surtout, cet ami de Georges Courteline et de Tristan Bernard renouvelle le répertoire, mettant un terme au monopole du théâtre de Boulevard. La programmation se diversifie, devient plus exigeante : une dynamique est créée autour du théâtre à Évreux.

Mais le décès de son épouse, la transformation des « Tournées Baret » en une société de commandite appelée « Ch. Baret, Janvier et Cie », le triplement du prix des places et l’âge amènent Charles Baret à se retirer en 1929. Cependant, les « Tournées Baret » se produisent au théâtre jusqu’à la fin des années soixante-dix.

Documents promotionnels de Charles Baret
Documents promotionnels de Charles Baret, 1908-1910

En savoir +

BARET Charles. Propos d’un homme qui a bien tourné. LHOTE Jean-Marie. Incorrigible théâtre. Histoire du théâtre d’Évreux. Évreux, Scène Nationale Évreux Louviers, 2003 Sur scène en 1900. Portraits d’acteurs. Catalogue de l’exposition au Musée d’Évreux. Paris : édition Somogy, 2003


Solange BAUDOUX (1923 – 2010)
Maire adjointe à la culture

Solange Baudoux, maire adjointe déléguée à la Culture de la Ville d’Évreux de 1977 à 1995, a mené pendant deux décennies une politique culturelle volontariste. Peintre, membre du Cercle Laïque Ebroïcien à la fin des années cinquante, elle anime dans un baraquement le premier atelier d’arts plastiques de la ville. En 1962, elle rejoint la MJC afin de poursuivre son enseignement. Elu en 1971, le maire Augustin Azémia lui propose d’entrer au Conseil municipal. Nommée adjointe par Roland Plaisance en 1977, le programme qu’elle défend au sein de la commission culturelle est ambitieux et exigeant. Hérité du Front Populaire, il introduit la notion d’éducation culturelle et artistique pour tous à travers le théâtre, les arts plastiques, la musique, la danse, le livre. L’objectif est de mettre en avant la création contemporaine et la pédagogie artistique, mais également d’assurer la conservation et la valorisation du patrimoine.

Sous son mandat, des équipements structurants et évènements culturels majeurs verront le jour.

  • Une politique d’acquisitions d’œuvres et d’expositions d’art contemporain élaborée avec Gérard Guillot-Chêne, conservateur du musée. Des artistes comme Tal Coat, Hans Hartung, Judith Reigl, Ernest Pignon Ernest entrent dans les collections du Musée.
  • En 1981 ouvre la Maison des arts, lieu de pédagogie des arts plastiques et de diffusion de la création contemporaine, original par la qualité de l’enseignement proposé et ouvert à tous. Cette structure est dirigée par Christian Ferré, peintre et professeur d’arts plastiques.
  • En 1982 est créé le Festival de Musique Contemporaine mené avec Jean Claude Bernède et Madeleine Roy.
  • En 1985, l’inauguration du nouveau Musée d’Évreux Ancien Evéché, qui permettra le déploiement des collections dans le nouvel espace de la salle d’archéologie dans le but d’une rencontre entre le patrimoine et la création contemporaine. Dans le domaine du patrimoine écrit, le recrutement de Joël Delaine, conservateur des archives permet la création du service.
  • En 1991, le théâtre d’Évreux reçoit le label Scène Nationale grâce au travail mené en collaboration avec le directeur Jacques Falguières.
  • 1993 voit l’inauguration du Cadran, salle de spectacle et de congrès.
  • Enfin, en 1995, l’inauguration de la Médiathèque, conçue par l’architecte Paul Chemetov, projet mené avec la conservatrice Dominique Chelot, modifie profondément le paysage de la lecture publique à Évreux.
Solange Baudoux, Roland Plaisance et Raymond Devos en 1982

En hommage à son action, le Conseil municipal décide, lors de sa séance du 29 mars 2010, de donner le nom de Solange Baudoux à la Maison des arts.


Georges BERNARD (1882 – 1957)
Maire d’Évreux, conseiller général et sénateur de l’Eure

Né d’un père distillateur et d’une mère couturière, Georges Bernard perpétue la tradition familiale en devenant associé dans une entreprise de fabrication d’alcool à base de pommes, présente en Normandie, Bretagne et Ile-de-France. Grand sportif, il pratique et encourage le rugby, l’escrime et l’aviation. Il est l’un des membres fondateurs de l’Évreux Athlétic Club et de l’Aéroclub de l’Eure. Pendant la Première Guerre mondiale, pilote de reconnaissance, il se rajeunit pour intégrer les forces aériennes. Durant la Seconde Guerre, il s’engage dans la Résistance, devenant Président du Comité Départemental de la Libération de l’Eure.

Georges Bernard en 1945

Georges Bernard s’illustre surtout à l’occasion de la Libération d’Évreux. Il fait partie des résistants partis le 22 août 1944 pour rejoindre l’état major américain afin de prévenir le Général Hobbs, qui menace de détruire Évreux s’il reste encore des soldats allemands. Le véhicule des résistants saute sur une mine, deux passagers sont tués, mais le commandant Stouls et Georges Bernard, blessé à la tête, parviennent à délivrer le message à temps ! Le jour même, le pouvoir change de mains. Le préfet de l’Eure Le Gouic est démis de ses fonctions par son secrétaire général Edmond Cornu, également délégué départemental du N.A.P (Noyautage des Administrations Publiques). Le maire d’Évreux, Raymond Thierry, nommé par Vichy en 1940, doit céder son poste à Georges Bernard, désigné par le nouveau préfet.

Le 29 avril 1945 ont lieu les premières élections municipales depuis la Libération. Evolution majeure de ces élections, les femmes votent pour la première fois. A l’issue du scrutin est élue la liste d’Union Républicaine et Résistante, menée par Georges Bernard. Sur cette liste, on trouve majoritairement des radicaux socialistes, des républicains indépendants et des communistes, qui présentent un programme de mise en œuvre de la politique du Conseil National de la Résistance. Des chantiers difficiles attendent ces nouveaux élus : assainissement des finances municipales, santé publique, construction d’écoles, aide au retour des prisonniers et déportés, création de régies municipales, gestion du ravitaillement et surtout, reconstruction de la ville.

Le 18 mai 1945, le Conseil municipal d’installation de cette municipalité désigne à l’unanimité comme maire Georges Chauvin, déporté depuis juin 1944, de retour le matin même de Nuremberg, et Georges Bernard comme premier adjoint. Avocat, Georges Chauvin fut maire de 1936 à 1940, date à laquelle il fut révoqué par Vichy.

Aux élections municipales de 1947, Chauvin et Bernard présentent des listes concurrentes. Elu, Georges Bernard aura, durant son mandat, la lourde tâche de mettre en oeuvre la reconstruction de sa ville. En 1953, il est battu par le journaliste Armand Mandle, qui figurait sur la liste Chauvin en 1947.

Georges Bernard (à gauche), en compagnie de Pierre Mendès-France, d’Edmond Cornu, préfet (à droite) et du Général de Gaulle, lors de la venue de celui-ci à Évreux le 8 octobre 1944

En savoir +

VAN DE WALLE Albert. Évreux et l’Eure pendant la guerre. Évreux : éd. Charles Hérissey, 2000

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