hôtel de ville

CastellumNéoFrontonDécorationSalle des MariageConseil Municipal Tableau d’honneurConstructionLa MédailleRetour en imageLes travaux sur la placeL’hôtel de ville

Du castellum à l’Hôtel de ville

Différents bâtiments se sont succédés à l’emplacement de l’hôtel de ville, lieu de pouvoir depuis l’Antiquité.

  • Période gallo-romaine : Présence d’un Castellum, camp romain retranché
  • 1060-1108 : Un premier château est détruit en 1108 sur ordre d’Helvise, épouse du Comté d’Evreux, et reconstruit immédiatement
  • 1194-1462 : Multiples démantèlements et reconstructions du château
  • 1652 : La Comtesse d’Evreux, Eléanore, duchesse de Bouillon, fait démolir le Château médiéval, et reconstruire un édifice à deux étages, qui sera très vite délaissé au profit du château de Navarre
  • 1780 : Suite à l’apparition d’importantes fissures, le château est démoli, et remplacé par une maison à un étage, accolé de deux pavillons indépendants
  • 1793 : Vendu comme bien national, le château est acheté par le marquis de Dauvet
  • 1836 : Acquisition du château par la Municipalité

Un néo-classicisme républicain

Le bâtiment, assez massif dans son ensemble, est constitué, sur quatre étages, de trois parties : le bâtiment central, construit dans l’axe de la fontaine, et deux corps latéraux, terminés par des pavillons d’angle. Long de 65 mètres, il couvre une surface de 900m². Le pavillon central fait 15 m de large sur 20 de profondeur, et les pavillons d’angle 15 m de long sur 8,50 de large. 

L’hôtel de ville, vers 1910

L’hôtel de ville est conçu dans un style néo-classique : prédominance de la composition horizontale, ouverture de baies en nombre impair, murs à bossage pour la partie basse, toits brisés en pavillon avec oeils de bœuf et campanile, mais aussi pilastres, chapiteaux, corniches, frise, fronton, stèles… Les matériaux utilisés sont la pierre de Vernon et la brique. L’ensemble présente des  proportions harmonieuses. 

Le Fronton de l’hôtel de ville

La symbolique républicaine et patriotique est très présente : sous les armes de la ville, un premier groupe de sculptures affirme la nature républicaine et le principe démocratique du régime (faisceau des licteurs, urne électorale) comme fondements de la prospérité et des libertés publiques (flambeau, cornes d’abondance). Au dessus-de la frise, un second groupe de quatre sculptures exprime les quatre temps forts de la vie d’un homme : naissance, service militaire, mariage et décès.

Fronton de l’hôtel de ville

Une décoration ” couleur locale “

Les armes sur le fronton, ainsi que les vitraux et les tableaux historiques sont des décorations en l’honneur de la ville d’Evreux. Mais la Normandie est également représentée dans le paysage champêtre sur la frise extérieure et par un blason sur le grand vitrail. Seuls des artistes locaux (Denet, Décorchemont et Duhamel-Marette) ont été retenus pour exécuter ces œuvres qui, curieusement, n’étaient pas prévues sur les projets d’origine. Les thèmes choisis attestent de la mentalité de la fin du XIXème siècle, période où le régionalisme normand est en vogue et où l’histoire est la discipline reine.

La salle des mariages

En haut de l’escalier monumental s’ouvre la salle des mariages, longue de 15 mètres et large de 9 mètres. La décoration de la pièce est due à Bonnet et les peintures qui ornent le plafond sont l’œuvre de Charles Denet, peintre ébroïcien, dont on peut admirer d’autres réalisations dans le foyer du théâtre et dans la salle d’assises du Tribunal, ainsi qu’au musée d’Evreux.
On retrouve dans cette peinture tous les symboles liés au mariage et à ses valeurs : des guirlandes de lierre, symbole d’un attachement durable et éprouvé, des anneaux accouplés, rappelant l’union qui est en train de se sceller entre les deux époux et des marguerites, représentant la fidélité et l’amour simple.

Salle des mariages, vers 1910

Le médaillon central représente le premier mariage civil célébré à Evreux lors de la Révolution française : Denet aurait donné à la mariée les traits de sa propre femme, Marie-Jeanne Bourdon. Il s’agit de la représentation de l’union de Jacques Gabriel Vivien et de Marguerite Durand célébrée le 2 janvier 1792. A droite de la salle des mariages se trouvent les bureaux qui, au XIXe siècle, servaient de salles de réception : c’est là même que fut donné le bal inaugural de l’hôtel de ville ! A gauche se trouve un bureau qui était autrefois celui qui servait à héberger tous les adjoints de l’équipe municipale.

La salle du Conseil municipal

Lieu de pouvoir par excellence, la salle du conseil municipal mesure 14 mètres de long sur 7 de large, décorée dans le goût de l’art flamand. La cheminée, surmontée des armes de la ville, provient de l’ancien château de Navarre. Huit blasons ornent la pièce, retraçant l’histoire d’Évreux :

  • Epoque gauloise, Duché de Normandie (1983-1117)
  • Montfort (1118-1200)
  • France (1200-1651)
  • Stuart (1423)
  • Ville d’Évreux (1490…)
  • la Tour d’Auvergne (1651-An V)
  • Duché de Navarre (1810)
Salle du conseil municipal, vers 1910

Tableau d’honneur et verrière

Il a été érigé par le statuaire parisien Miserey en 1921, à la demande de la municipalité qui souhaitait offrir aux 541 Ebroïciens morts au champ de bataille un monument plus prestigieux qu’une stèle battue par les vents. L’érection de ce monument est un véritable feuilleton : à plusieurs reprises, Miserey écrit au maire pour lui annoncer que l’œuvre ne peut être achevée dans les délais : problèmes de perspectives, hausse du coût des matériaux, tout semble se liguer pour que le monument, censé être livré en mai 1920, ne voit pas le jour. Enfin, le 24 juillet 1921, le docteur Oursel, maire d’Evreux, inaugure le tableau d’honneur en expliquant que ce monument ne se veut pas, aux yeux de la municipalité, une simple énumération de morts, mais un vivant enseignement des réalités de la guerre et de patriotisme.

Verrière de l’hôtel de ville
Verrière de l’hôtel de ville

Le monument est composé de deux tableaux, exécutés par Charles Denet, surmontés de bas-reliefs, encadrant l’escalier monumental. L’un représente un poilu et un combattant mort qui entourent un champ de croix où se lamentent une veuve et un orphelin. L’autre montre la Victoire et le Droit encadrant une femme, qui symbolise la ville d’Evreux, rappelant la vaillance de ses soldats. Sous chaque tableau sont inscrits dans le marbre les noms des soldats ébroïciens morts au combat ou des suites de leurs blessures, avec indication de leur régiment et l’année de leur décès.
La verrière quant à elle, a été réalisée par le maître-verrier ébroïcien Duhamel Marette, à la demande du maire Henri Ducy. Elle représente les blasons des corporations d’arts et métiers d’Évreux, les armes des comtes et de la ville, et les portraits de personnages ayant marqué son histoire.

La Construction

Ancien hôtel de ville, 1889

Dans son testament rédigé en 1865, Olivier Delhomme, adjoint au maire, fait de la ville d’Évreux son légataire universel, sous réserve que sa fortune serve à édifier un nouvel hôtel de ville, après désignation de l’architecte par concours. Après sa mort, le maire lance le concours en 1877 : vingt-cinq projets sont soumis au jury, présidé par Viollet-le-Duc, architecte des Monuments Historiques et célèbre restaurateur.

Le 1er prix est attribué à l’architecte parisien Thierry-Ladrange, bien que ses tarifs soient supérieurs aux crédits prévus (300 000 francs). Après bien des hésitations et des remaniements de devis, Thierry-Ladrange vend son projet à l’architecte départemental Georges Gossart, qui révise à la baisse les prévisions budgétaires. Par délibération du 28 février 1889, le conseil municipal confie à Gossart la réalisation du monument sur les plans de Thierry-Ladrange. La démolition de l’ancienne mairie débute le 18 décembre 1889. Pendant les travaux, les services municipaux s’installent dans un bâtiment provisoire, situé dans le square du théâtre.

La médaille

Lors des travaux de terrassement, un trésor monétaire gallo-romain de plus de 300 kg est découvert, qui est confié au Musée. En 1891 est organisée la cérémonie de la pose de la pierre commémorative, avec scellement d’un tube de verre où ont été enfermées quelques pièces du trésor, un franc de 1891 et une médaille commémorative. Nul ne peut localiser aujourd’hui l’emplacement de cette pierre.

Environ cent cinquante personnes, sans compter les fournisseurs et les artistes, travaillent durant cinq années à l’édification de l’hôtel de ville, sans rencontrer de réelles difficultés, si ce n’est lors des fondations pour enjamber d’anciens murs romains. Les travaux de terrassement débutent en juin 1890 et un an plus tard le niveau de premier étage est atteint. L’année suivante, la toiture est posée ; suivent la menuiserie et le chauffage, le perron et les sculptures (1893) puis le gaz, l’électricité et les peintures (1894) et enfin l’eau, le mobilier et la décoration (1895). Le 21 avril 1895 s’ouvrent les fêtes inaugurales , où sont conviés tous les ébroïciens, avec fanfare, tombola, banquet, bal, illuminations.

Médaille de l’inauguration de l’hôtel de ville, 1895

Les habitants sont invités à visiter le bâtiment, et les dégradations seront telles que de nombreux travaux doivent être engagés pour réhabiliter les peintures et boiseries détériorées.

La rue traversière , future rue de Grenoble, juillet 1940

L’hôtel de ville fut le témoin de nombreux évènements au XXe siècle, dont la seconde guerre mondiale constitue l’épisode le plus dramatique. Mais l’histoire retient également les « honneurs » rendus à la ville, dont les réceptions de ministres ou de présidents de la République (Millerand en 1923, de Gaulle en 1944 et en 1960).

L’hôtel de ville a connu au XXe siècle d’importantes campagnes de travaux de modernisation et de rénovation (chauffage en 1920, éclairage en 1930, standard téléphonique en 1987). Le siècle passé connaît également un développement  sans précédent des services administratifs, contraints de progressivement quitter l’hôtel de ville devenu trop petit, pour s’installer dans  des locaux alentours, comme les services techniques, la communication, la police municipale, les archives, etc.

La cérémonie de remise de la Légion d’honneur à la ville, 21/08/1943

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Charles De Gaulle
Le général de Gaulle montant l’escalier de l’hôtel de ville, entouré du maire Armand Mandle et de son premier adjoint Augustin Azémia, 1960

Les travaux réalisés place du Général de Gaulle

Droit d’auteur : Drone Malin

L’hôtel de ville à la fin des travaux – 2020

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